Des fourmis et des hommes

Bravo ! Vous avez découvert le texte caché !Mais surtout des fourmis… Pis juste un homme. MAIS TOUT UN HOMME.

Je me levai, comme à tous les matins, avec le regard triste de quelqu’un qui serait resté couché encore une semaine, ne me doutant pas de l’aventure extraordinaire qui suivrait et qui changerait ma vie.

La routine matinale m’amena à la salle de bain. Je dodelinai jusqu’à la toilette pour y faire ma besogne matinale quand, soudain, quelque chose attira mon regard.

Une fourmi se tenait fièrement sur le calorifère, un air de défi dans la posture. J’étais assis sur la toilette, les culottes aux genoux, mais ce n’est pas vrai qu’une fourmi va venir faire sa loi dans ma salle de bain. Elle me croyait seul, et elle se croyait hors de ma portée. Deux erreurs qui lui seront fatals d’ici quelques lignes (spoilers). Premièrement, je n’étais pas seul. J’avais deux compagnons qui me soutenaient dans ma lutte épique contre le monde des insectes : mes deux gros testicules velus d’homme puissant et viril.

Tel un ninja, je pris la boîte de kleenex à proximité et, d’un seul mouvement, la lançai sur mon ennemi. Celui-ci ne pu parer le coup, et s’effouerra entre le mur et la boîte meurtrière, qui n’en était pas à son premier vol. J’étais ivre de triomphe et je me levai tel un seul homme, pointant euphoriquement la masse-visqueuse-qui-fût-autrefois-une-fourmi et je m’écriai :

« Kin toé, ma tabarnak !». Nul besoin de spécifier que ma victoire fut de courte durée.

Je me retournai vers le miroir pour faire des poses victorieuses en sifflotant un air triomphal (We Are The Champion de Queen), mais ce que j’y vis me glaça le sang. Je conçois qu’à cette quantité, on puisse parler de tribu, ou encore de légion, mais je décidai d’opter pour quelque chose de beaucoup plus révélateur :

Des fourmis. Des câlisses de fourmis.

Tellement de fourmis. Des fourmis qui s’amusait à grimper sur le mur, des fourmis qui jouait au roi de la montagne sur le dessus de mon dentifrice, des fourmis qui sprintait sur mon comptoir.

Des fourmis. Des câlisses de fourmis.

Le temps s’arrêta, les fourmis aussi. Nous nous dévisageâmes pendant un long moment. Assez longtemps pour que la musique de western spaghetti débute. Mon regard dosant savamment colère et folie se refléta dans leurs yeux globuleux. Nous savions tous qu’il n’y avait qu’une seule issue possible : la mort. Soit la mienne, soit la leur. Il m’avait vu tuer un des leurs, et je les avait vus… point. La lutte serait sans pitié. Quelque part, une vierge gémit, un enfant pleura et le président se réveilla en sursaut. La tension était palpable. La salle de bain s’était transformée en arène de sable que le vent érodait instant après instant. La musique s’intensifia. La fin était proche.

Je ramenai mes doigts dans un poing meurtrier et les cogna valeureusement contre ma poitrine. « C’est mon territoire , câlisse », dis-je en langage d’homme viril. Je poussai un cri de guerre qui se répercuta contre les parois de l’arène, donnant l’impression que mille hommes sonnaient la charge. Il était temps. Je m’élançai vers eux… et j’aurais dû penser à remonter mes pantalons.

———

Je pense que c’est comme ça que je vais raconter l’histoire à mes amis. C’est drôle, épique, et très loin de la réalité. Parce qu’en réalité, mon cri de guerrier avait moins à voir avec le guerrier qu’avec celui de la fillette qui voit sa Barbie préféré se faire arracher la tête par son grand frère. Et mon offensive redoutable consistait plus à prendre mes jambes à mon cou pour me cacher en dessous de mon lit qu’à n’importe quoi de potentiellement dangereux.

Oui, je l’avoue, j’ai une phobie incompréhensible des insectes. Mais j’ai plein d’autres belles qualités.

Ça fait du bien de se confier. Et vous, qu’elles sont vos peurs incompréhensibles ? J’en ai probablement peur moi aussi, parce que je suis une fillette. J’écoute du Kaïn en cachette.

-Keven

PS : Si y’a pas d’images dans mon article, c’est parce que j’ai peur de chercher des images d’insectes dans l’internet.

Et si vous vous demandiez où j’étais depuis mon dernier article qui date de quelques mois, et bien j’étais caché en dessous de mon lit. Je viens tout juste d’avoir le courage d’en sortir pour venir écrire cet article.

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3 réflexions sur “Des fourmis et des hommes

    • Qui a gagné ? Personne… Sauf l’exterminateur.

      La seule autre solution possible consistait à me rouler en position fœtale dans un coin de ma chambre et pleurer comme une ‘moune en attendant que les fourmis arrivent, me voient, et se disent : « Coudonc, on va aller embêter quelqu’un d’autre, le pathétisme de la situation est insoutenable pour notre petit corps de fourmi. ».

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